Mon corps en procès - Ludwig Trovato - 2003

Couverture du livre "Mon corps en procès" par Ludwig Trovato. Un homme très brun aux cheveux mi-long nous regarde de trois-quart, ses épaules sont dénudées.

 

Le livre autobiographique de Ludwig Trovato, vidéaste et réalisateur de documentaires, intitulé "Mon corps en procès", est paru en 2003. C'était le premier livre d'un homme trans gay. Voilà le texte de la 4ème de couverture:

"Ludwig Trovato est transgenre : né fille, mais vivant en homme depuis plus de vingt ans. En 1999, à Reims, il est accusé de viol et d’agressions sexuelles par un jeune homme avec lequel il a vécu une relation amoureuse. Au terme de trois ans de procédure, il est relaxé en 2002 à l’issue d’un procès en correctionnelle. " Il est important pour moi de tout dire parce que, pour échapper à l’injustice, il faut se montrer tout entier. "Dans ce récit introspectif qui mêle l’autobiographie à un regard intime sur l’identité sociale et sexuelle, Ludwig Trovato retrace le parcours d’un étonnant imbroglio judiciaire où, au nom du retour à un certain ordre moral, la société s’est choisi un bouc émissaire au profil dérangeant. Une mise à nu sans fard."


Interview de Ludwig Trovato dans l’émission de radio Bistouri Oui Oui !, en janvier 2004. Bistouri oui oui! était une émission de radio diffusée sur Radio Libertaire et créée par les membres du GAT (Groupe Activiste Trans).

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La lecture de ce livre m’avait beaucoup frappé à l'époque de sa sortie, car je me trouvais pour la première fois en face d’une personne qui avait eu une approche de la sexualité et des expériences sexuelles quasiment pareilles aux miennes. Le rencontrer par la suite de visu n’avait fait que confirmer ce sentiment.

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Trovato était passé en octobre 2004 dans l’émission de talk-show de sujets de société "ça se discute" de Jean-Luc Delarue, sous le thème "Sexualité : comment assume-t-on son ambiguïté ?"

Présentation de l'émission:

"En quête d'une identité sexuelle, les invités de Jean-Luc Delarue ne savent pas très bien où se situer. Ils s'interrogent, explorant alternativement leur part de masculinité et de féminité. Comment assument-t-ils leur bisexualité et l'imposer à son entourage ? Existe-t-il un troisième sexe ? Né sous le sexe féminin, Ludwig vit «en homme» depuis une vingtaine d'années. S'il a subi une ablation des seins, il refuse de changer de sexe. Mi-homme, mi-femme, se satisfait-il de cette ambiguïté affichée ? Sophie s'est construit un équilibre en cultivant, à côté de sa vie maritale, une relation homosexuelle... Bernard s'est toujours senti femme dans un corps d'homme. Troublé par cette ambivalence, il s'est finalement fait opérer. Aujourd'hui, il s'est mué en Erica : qu'en disent sa fille et son ex-épouse ?.. Autant de questions débattues sur le plateau de Jean-Luc Delarue..."

Dans le mémoire de Karine Espineira en 2007, "Analyse de la construction des cultures de genre à la télévision - La transidentité, de l’espace public à l’espace télévisuel", Trovato revient sur un passage qui a été coupé lors du montage de l’émission :

"Après une intervention de Stéphanie qui parle de la prise en charge par les psys qui déterminent si elle est vraiment transsexuelle, Delarue me pose une question et je lui réponds : “Avant de vous répondre, j’aimerais rebondir sur ce qu’a dit Stéphanie et parler des psys en France (de l’équipe “ officielle ”) qui ne prennent pas en considération ou doutent des trans homos, qui ne répondent pas aux critères hétéros.

Coupé !

Ainsi que la réponse de Delarue “ Ludwig je ne vous comprends plus du tout ! ”

Coupé !"

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Il a réalisé un docu autobio: http://www.film-documentaire.fr/film.php?id=20258

"Ludwig Trovato, un documentariste singulier"
http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=587

Il termine actuellement un document autobiographique, Ludwig, qui sera projeté pour la première fois le vendredi 7 mars à la Médiathèque de Reims et qui devrait sortir courant 2008 avec le soutien du Conseil régional de Champagne-Ardenne. « J’y parle de mon parcours et notamment d’une affaire judiciaire où j’ai été accusé de viol avant d’être relaxé au terme de trois ans de procédure judiciaire. Je ne veux rien cacher. »
« Et après, je ne parle plus de moi ! » me confiait-il il y a quelques jours.

Son film avait été projeté à Paris en 2009 dans le cadre du colloque: Transgenres: nouvelles identités et visibilités (Lien Wayback Machine)

Ludwig y est aussi intervenu sur le thème "Mon sexe est dans ma tête" :

"Mon vrai sexe est dans ma tête, oui, je n’ai cessé de l’affirmer. Dans un livre d’abord, puis dans un film. Et mon genre d’aujourd’hui est tellement celui que j’ai choisi qu’il importe peu que mon sexe soit connoté différemment : féminin, dit-on. Mais est-ce donc si simple ? Ce n’est pas dichotomique à ce point. Revenons au point de départ. J’étais une file qui voulait être un garçon. J’en ai adopté le genre. Je voulais changer de sexe aussi. Trop compliqué ! Mon sexe est dans ma tête, me suis-je dit. Mais pas seulement, serais-je tenté de dire aujourd’hui. Le genre du sexe est aussi dans le mouvement. Du bassin, des reins, dans cet « aller de l’avant » du sexe tout entier. La testostérone aide bien sûr, mais avant elle ? Du plus loin que je me souvienne, c’est la masturbation qui m’a amené sur la voie. Je ne me masturbais pas comme une fille. Alors quel était donc ce plaisir si direct qu’il différait du plaisir « féminin » ? Entre quatorze et dix-sept ans, les mouvements de ma main sur mon sexe ont changé. On m’avait dit, j’avais lu, entendu, qu’il suffisait de caresser d’un doigt, de chercher, de frôler avec délicatesse ce petit bourgeon qu’on nomme clitoris. Cela ne me contentait pas. J’ai vite réalisé que c’était le sexe tout entier qu’il me fallait empoigner, et exécuter un mouvement de bas en haut, en saisissant le plus de masse possible, vigoureusement. S’il est dans ma tête mon pénis, il est aussi entre mes jambes j’en suis aujourd’hui bien convaincu. Et je me dois de décrire de l’intérieur, moi, Ludwig Trovato, transgenre ftm, le plaisir sexuel qui est le mien."

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